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ICE, Garde nationale, polices locales… qui fait quoi à Minneapolis, submergée par les différentes forces de sécurité?

ICE, Garde nationale, polices locales… qui fait quoi à Minneapolis, submergée par les différentes forces de sécurité?

Minneapolis s’enfonce dans une spirale sécuritaire. Quelques heures après la mort d’Alex Pretti, infirmier de 37 ans tué par des agents de la Border Patrol, le gouverneur démocrate a fait appel à la Garde nationale pour tenter de contenir une colère populaire grandissante. Une colère ravivée par un précédent encore récent. Le 7 janvier, Renee Good, mère de famille, mourait elle aussi après une altercation avec la police de l’immigration. Désormais, pas moins de huit forces de sécurité distinctes quadrillent cette ville de plus de 400 000 habitants, devenue un foyer majeur de tensions.

La cohabitation entre police municipale, forces du comté, agents d’État et autres unités spécialisées, tourne à la cacophonie. Voire aux invectives : Tim Walz, le gouverneur du Minnesota, a exigé du président Donald Trump qu’il « mette fin à cette opération » (celle qui vise, depuis décembre dernier, à arrêter en masse les clandestins de la ville). « Foutez-le camp de Minneapolis, on ne veut pas de vous ici », a cinglé de son côté Jacob Frey, maire de la ville.

Constatant l’impasse, le Law Enforcement Labor Services (LELS), premier syndicat de sécurité publique du Minnesota, exige un sommet d’urgence. Pour Jim Mortensen, son directeur exécutif, « le manque de clarté, de coopération, de communication et de coordination entre les autorités fédérales, étatiques et locales, est intenable »Revue de détail des forces en présence.

Les agences fédérales

À Minneapolis, les forces fédérales n’obéissent ni au gouverneur du Minnesota ni au maire de la ville. Leur autorité directe est le département de la Sécurité intérieure des États-Unis. Et, en dernière instance, la Maison-Blanche. C’est-à-dire, un homme, le président américain. ICE

Depuis janvier 2025, Donald Trump a profondément renforcé l’ICE, dont les effectifs ont plus que doublé, atteignant 22 000 agents contre 10 000 auparavant. Environ 3 000 d’entre eux seraient affectés au Minnesota. Fondée en 2002 pour combattre le terrorisme post-11-Septembre, l’agence consacre désormais l’essentiel de ses moyens à l’expulsion des sans-papiers.

ERO

Tandis que sa division Homeland Security Investigations (HSI) démantèle les réseaux criminels – trafic de drogue, fraudes, traite humaine –, sa branche Enforcement and Removal Operations (ERO) mène la chasse aux sans-papiers. Depuis le lancement de l’opération « Metro Surge », en décembre dernier, Minneapolis est le théâtre d’une vague d’interpellations. Un durcissement encore renforcé par un amendement de la seconde administration Trump autorisant les agents à entrer dans les domiciles sans mandat.

Parallèlement, le programme 287 (g) permet à l’ERO de déléguer des pouvoirs migratoires aux forces de police locales. Mais dans cette ville dite « sanctuaire », la municipalité s’efforce de freiner cette collaboration, au nom de la protection des migrants.

Police des frontières

Pilier de la sécurité frontalière, l’US Border Patrol – responsable de la mort d’Alex Pretti ce week-end – constitue la première ligne de défense contre les entrées irrégulières. Ses agents sillonnent 12 000 km de frontières terrestres et côtières, tiennent des checkpoints et interceptent les migrants clandestins et les marchandises prohibées. Ils sont près de 22 000 sur l’ensemble du territoire. Dans le Minnesota, ses missions ne se limitent pas à la frontière avec le Canada. Dans le contexte du tour de vis migratoire de Trump II, ils peuvent intervenir bien au-delà des frontières, aux côtés de l’ICE, d’agences fédérales partenaires et parfois de polices locales.

Police d’État

La police d’État relève du gouvernement d’un État fédéré. Ici donc, du Minnesota.

Minnesota State Patrol (MSP)

Sous tutelle de l’exécutif du Minnesota, la Minnesota State Patrol (MSP) est chargée avant tout de la sécurité routière. Compétente à l’échelle de l’État, elle peut également soutenir les polices locales lors d’opérations exceptionnelles. L’agence rassemble environ 620 policiers assermentés et ne participe pas à l’application du droit fédéral de l’immigration.

Minnesota National Guard (MNG)

Force militaire d’État d’environ 13 000 membres, placée sous l’autorité du gouverneur, la Minnesota National Guard (MNG) peut être déployée pour des missions de maintien de l’ordre ou en appui aux opérations fédérales de l’ICE.

Trois polices locales

Trois forces de police locales se partagent le terrain à Minneapolis.

La police municipale

La plus visible est la police municipale, le Minneapolis Police Department (MPD). En uniforme bleu clair, ses 585 agents patrouillent à pied, à vélo ou en voiture. Ils interviennent sur les appels d’urgence – vols, cambriolages, rixes, violences conjugales… Particularité locale : une Separation Ordinance interdit aux employés municipaux, dont la police, de participer à l’application du droit fédéral de l’immigration. Le MPD ne coopère donc pas avec l’ICE.

La Hennepin County Sheriff’s Office

Institution centrale du comté, le Hennepin County Sheriff’s Office (HCSO) est dirigé par un shérif élu et emploie près de 800 agents, dont 270 policiers assermentés et armés. Il administre la prison de Minneapolis, sécurise les tribunaux et intervient en appui lors de crises. Il n’entretient pas de partenariat structurel avec l’ICE, hors situations exceptionnelles de sécurité publique.

Minneapolis Park Police

Enfin, la Minneapolis Park Police veille sur les parcs, lacs et espaces verts municipaux. Cette unité d’une trentaine d’officiers, reconnaissables à leur uniforme bleu foncé, peut procéder à des arrestations et travailler avec le MPD, mais reste totalement étrangère aux missions fédérales de l’ICE

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