Aux Francophonies, Odile Sankara prône le règne des femmes et de la beauté

Spread the love

« La force des femmes est ancrée dans des valeurs. » Au festival Les Zébrures d’automne des Francophonies à Limoges, la metteure en scène burkinabè Odile Sankara nous offre une interprétation percutante et joyeuse du manifeste littéraire pour les femmes en Afrique, « Et que mon règne arrive », de la grande écrivaine camerounaise Léonora Miano. Une création formidablement habitée sur le plateau par trois comédiennes puissantes et un homme ingénieux. Entretien après la première du 23 septembre au CCM Jean Gagnant.

Odile Sankara Oui, l’enjeu c’est ça. Ce n’est pas tant que les femmes occupent la place. Il ne s’agit pas du sexe féminin, mais de l’énergie féminine, tout ce que les femmes portent : l’éducation, la transmission… Elles occupent les maillons forts d’une longue chaîne. Pour cela, il faut restaurer l’énergie féminine à l’endroit sociétal et politique pour l’organisation des choses.

La pièce parle souvent la force féminine. De quelle force s’agit-il ?

C’est une force ancrée dans des valeurs sociétales et culturelles très profondes qui ne datent pas d’aujourd’hui. Comme évoqué dans la pièce, dans l’histoire de l’humanité, nous avons eu des femmes fortes, notamment en Afrique, des femmes guerrières, des Amazones, des prêtresses, des femmes du quotidien qui ont porté nos sociétés. Pour cela, le texte nous dit : « éduquons nos filles ! », parce que c’est la femme qui porte le socle. Elle est au centre.

Dans le spectacle, il y a un bar qui s’appelle « Le choc du futur », tenu par un jeune homme, un charmeur aussi dynamique que troublé par le nouveau rapport de force qui s’annonce entre hommes et femmes. Quel est le rôle de l’homme dans tout ce changement ?

Moi, je l’appelle l’homme au service des femmes [rires]. C’est pour rigoler. On n’est pas dans un conflit entre les sexes masculin et féminin. Le texte le dit : « on s’est trompé de lutte ». Dans la question de l’émancipation de la femme, il y a eu aussi des leurres. Ne nous trompons pas de combat ! L’essentiel est de pouvoir convoquer la place de la femme à l’endroit de nos sociétés pour que la femme aide à l’organisation politique et sociétale. C’est important. Pour moi, ce sont simplement des questions d’éducation et de transmission.

About DouceFm ( R D I)

G. Felix, CEO at R D I

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*