L’ONU inquiète pour ses programmes après l’annonce du budget américain

Dans les couloirs de l’ONU, on était un peu sous le choc jeudi 16 mars, après l’annonce du projet de budget américain. L’administration du président Donald Trump prévoit en effet de réduire drastiquement son apport aux Nations unies, dont il est le plus gros contributeur. Même si les chiffres sont encore à préciser, le document rendu public est en effet clair : les Etats-Unis veulent diminuer leur financement des programmes de l’organisation, et notamment ceux concernant les opérations de maintien de la paix. Quant aux programmes relatifs au changement climatique, il ne faudra plus qu’ils comptent sur un seul dollar américain. Toutes les agences onusiennes sont en tout cas inquiètes.
Le prochain budget amricain est loin d’être définitif, a rappelé jeudi Stéphane Dujarric. Commençant par remercier les Etats-Unis pour leur immense contribution apportée depuis toujours, le porte-parole d’Antonio Guterres, le chef des Nations unies, n’a cependant pas caché son inquiétude, rapporte notre correspondant à New York, Grégoire Pourtier.
Pour lui, l’ONU doit certes évoluer, mais il est dangereux de brusquer le processus. « Le secrétaire général est résolument engagé pour réformer l’ONU et veiller à ce que tout soit fait pour que l’organisation accomplisse ses missions et fournisse des résultats de la manière la plus efficace et la plus rentable possible. Cependant, des coupes abruptes de financement peuvent forcer l’adoption de mesures ponctuelles qui pourraient saper l’impact des efforts de réforme à plus long terme », a-t-il souligné.
L’ONU indique qu’elle comprend et soutient la volonté des Etats-Unis de lutter contre le terrorisme, mais précise que les seuls moyens militaires ne sont pas suffisants, et qu’il est fondamental de s’appuyer aussi sur la diplomatie, le développement, les droits de l’homme par exemple. Surtout, les Etats doivent se serrer les coudes plutôt que de se replier. « La communauté internationale est confrontée à d’énormes défis mondiaux qui ne peuvent être résolus que par un système multilatéral fort et efficace, dont l’ONU reste le pilier fondamental », a-t-il rappelé. Les Etats-Unis, eux, en sont le principal bailleur, et de fait, l’un des membres les plus influents. Les voir prendre leurs distances ne fragilise ainsi pas seulement le budget de l’ONU, mais l’institution en général

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